D’un Congrès à un mouvement

Entretien avec Rajiv Talwar

Pour Rajiv Talwar, Secrétaire général de la Jesuit Alumni Association of India (JAAI), le XIᵉ Congrès mondial de la WUJA est bien davantage qu’un simple rassemblement international. Il constitue une invitation à changer d’échelle : quitter le seul horizon de notre école pour celui de notre pays, puis découvrir, au-delà des frontières, la grande famille mondiale des anciennes et anciens élèves des institutions jésuites.

Fort de l’expérience de l’un des réseaux d’anciennes et anciens élèves des institutions jésuites les plus vastes et les mieux structurés au monde, Rajiv est convaincu que la vie d’ancien élève ne peut se limiter aux souvenirs d’une école ou aux retrouvailles épisodiques. Elle prend toute sa dimension lorsqu’elle s’enracine dans une dynamique de collaboration, de continuité et de mission partagée.

Changer d’échelle

Pour beaucoup d’ancien(ne)s élèves, tout commence par un attachement profond à leur école ou à leur université. Mais, selon Rajiv, la WUJA nous invite à découvrir une réalité bien plus vaste : une communauté mondiale unie par les mêmes valeurs ignatiennes, au-delà des cultures, des langues et des frontières.

De l’Inde à l’Indonésie, de l’Amérique latine à l’Afrique, de l’Europe à l’Amérique du Nord, et bien au-delà, les ancien(ne)s élèves des institutions jésuites partagent un héritage commun : le leadership, le service, la justice, la compassion et l’appel à être des femmes et des hommes pour et avec les autres.

Mais cette identité ne peut demeurer un simple héritage ou un souvenir partagé. Elle est appelée à devenir un langage commun, une vision partagée et un engagement collectif.

Un Congrès placé sous le signe du discernement

Ce qui distingue Yogyakarta, c’est que le Congrès commence bien avant l’arrivée de ses participants.

Grâce aux consultations menées en amont et à l’initiative consacrée à l’identité des ancien(ne)s e élèves des institutions jésuites, des alumni du monde entier ont été invités à réfléchir ensemble à des questions essentielles :

Qui sommes-nous ?

Quelle est notre mission ?

Quel est l’appel qui nous est adressé ?

Pour Rajiv, cette démarche change profondément la nature même du Congrès. Celui-ci n’est plus un simple rendez-vous inscrit au calendrier, mais un véritable chemin de discernement. Les participants n’y sont pas seulement conviés à être présents : ils sont invités à prendre part à la construction de l’avenir du mouvement mondial des anciennes et anciens élèves des institutions jésuites.

Au-delà de la fraternité, la mission

La fraternité internationale est l’une des plus belles richesses de la WUJA. Pourtant, pour Rajiv Talwar, un Congrès mondial ne saurait s’y réduire.

Il doit être un lieu où naissent des collaborations concrètes, où émergent des initiatives susceptibles d’être reproduites dans d’autres pays, où se renforcent les partenariats avec les institutions jésuites et où prennent forme des projets capables d’avoir un impact réel au service de la société.

L’expérience menée en Inde par la JAAI en témoigne avec éloquence : campagnes nationales de don du sang, consultations médicales gratuites, accompagnement à l’orientation professionnelle, programmes de mentorat entre ancien(ne)s élèves, ou encore réseaux de soutien destinés aux jeunes diplômés au moment de leur entrée dans la vie professionnelle.

Autant d’initiatives qui rappellent que l’identité des ancien(ne)s élèves des institutions jésuites ne se mesure pas à leurs discours, mais à leur engagement au service des autres.

Miser sur les jeunes générations

La délégation indienne réunira à Yogyakarta plus d’une centaine de participants, parmi lesquels une forte représentation de jeunes anciennes et anciens élèves des institutions jésuites.

Pour Rajiv Talwar, donner toute leur place aux jeunes générations est une priorité. Elles ne représentent pas seulement l’avenir de la WUJA ; elles sont déjà des acteurs essentiels de sa mission aujourd’hui. Il est donc indispensable de leur offrir des occasions de rencontrer la grande famille ignatienne à l’échelle mondiale, de leur confier de véritables responsabilités et de leur permettre de découvrir comment les valeurs de leur formation jésuite peuvent s’incarner au-delà des cultures et des continents.

Un appel à chaque responsable d’association d’anciens élèves

Dans un monde de plus en plus marqué par les divisions, les incertitudes et les fractures, Rajiv voit dans le XIᵉ Congrès mondial de la WUJA une occasion de construire quelque chose qui s’inscrive dans la durée.

Son souhait est que les responsables d’associations quittent Yogyakarta non seulement enrichis de nouvelles amitiés, mais aussi porteurs d’un élan renouvelé : bâtir des associations plus solides, approfondir les collaborations, d’impliquer davantage les jeunes ancien(ne)s élèves, renforcer les liens avec les institutions jésuites et servir le bien commun avec une vision renouvelée.

Son invitation est à la fois simple et exigeante :

Venez à Yogyakarta, non pas seulement pour participer à un Congrès, mais pour contribuer à construire l’avenir du mouvement mondial des ancien(ne)s élèves des institutions jésuites.

Comme le résume Rajiv Talwar :

« Vous pensez peut-être venir à un Congrès… mais vous repartirez peut-être en ayant rejoint un mouvement mondial. »

C’est peut-être ce qui fait toute la singularité du XIᵉ Congrès mondial de la WUJA.

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